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« Quand nous insistons pour dire que l’être humain est image de Dieu, cela ne doit pas nous porter à oublier que chaque créature a une fonction et qu’aucune n’est superflue. Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu… » Laudato Si’ p.84
Ce message vous parviendra alors que nous clôturons le temps de célébration de la Création. Cette année aussi nous fêtons le huitième centenaire du « Cantique des créatures » de saint François d’Assise. C’est une année de jubilé, jubilé d’Église, notre jubilé à nous, petite communauté de la Roche d’Or, avec nos 75 ans de grâces. Tout cela m’habitait alors que je m’apprêtais à écrire ce message, en attendant que vous rejoigne notre lettre annuelle à la fin du mois.
J’étais pour quelques jours de vacances au bord de la Méditerranée où j’ai pu longuement marcher sur des plages magnifiques, quasiment désertes du fait de la saison. Ivre de lumière, de vent, de sable et de mer, j’écoutais les vagues, elles me parlaient, et c’est ce passage de Laudato Si’ qui me revenait. Il me semblait que les vagues étaient les caresses de Dieu et que la mer m’apportait le murmure de Sa Tendresse. Puis soudain, m’est revenue la visite du pape François à Marseille, face à la mer, face aux migrants engloutis et il m’a semblé entendre dans les vagues un chagrin, un immense chagrin. La mer pleurait… Elle ne pleurait pas seulement de ce que nous avons abîmé de sa vie intime, de ses habitants, de sa faune, de sa flore, de tout ce que nous avons pollué, mais, plus intime encore, j’entendais ses larmes, l’océan de larmes qu’elle ne cesse de verser quand pleuvent en elle les noyés de l’injustice, de la peur, de l’indifférence, on les appelle les migrants ! Les vagues me semblaient soudain bercer tous ses enfants qu’elle accueille, un à un, pour les déposer délicatement, soit dans les fonds ignorés de ses terres secrètes, soit sur une de nos plages, ne serait-ce que pour réveiller un peu les consciences. Oui, la caresse des vagues, la caresse de Mon Dieu, elle est faite de tout ça.
Pourtant « Semence de paix et d’espérance » est le thème de ce temps de prière pour la sauvegarde de la création, de toute la création ! Au fond c’est peut-être le moment de s’interroger sur ce « Cantique des créatures » de saint François d’Assise, dont certains, peut-être, croient encore qu’il a été écrit dans une méditation champêtre, les pieds dans un ruisseau… ! Oh que non : c’est le fruit d’un combat, c’est un chant de résurrection. Le père Eloi Leclerc situe admirablement l’écriture de ce texte, deux ans avant la mort de François, et nous aide à en saisir l’enjeu.
« Depuis son retour d’Orient, François souffrait d’une ophtalmie purulente qui s’aggrava soudain et il perdit pratiquement la vue. De violents maux de tête le torturaient et Claire l’installa avec ses compagnons dans une petite maison attenante au monastère de San Damiano. Pour protéger les yeux de François de l’éclat du jour, elle aménagea une alcôve avec des nattes de roseaux. Pendant cinquante jours et plus, il demeura dans cette chambrette obscure, sans pouvoir supporter pendant la journée le moindre rayon de soleil ni, pendant la nuit, l’éclat du feu. Ses yeux le faisaient tellement souffrir qu’il ne pouvait se reposer ni dormir…
François, dans la pénombre de sa cellule de roseaux, ruminait ces pensées. À longueur de jour et de nuit. Il entendait à nouveau, dans le lointain du souvenir, l’appel du Seigneur : « François, va et répare ma maison qui tombe en ruine ». Au regard de cet appel, tout ce qu’il avait entrepris jusqu’à ce jour paraissait si peu de choses, une dérision, voire un échec ! …
Or, une nuit d’insomnie et de souffrances, François était à bout de forces et au bord du découragement. Il suppliait Dieu de le prendre en pitié. Il entendit alors une voix intérieure : « François, réjouis-toi comme si tu étais déjà dans mon royaume… ». Et en même temps, une lumière très douce envahit son âme : la lumière du royaume tout proche. Et cette lumière lui faisait voir toutes choses nouvelles. C’était comme un matin de Pâques. Le monde entier, en cet instant, paraissait touché par la Gloire de Dieu. Le Royaume était déjà commencé ici et maintenant. Être là était une splendeur.
Ce n’était plus le temps de se replier sur soi, de gémir ou de regarder en arrière et de rêver à autre chose. C’était le temps de célébrer et de chanter. « Réjouis-toi… », voilà ce que le Seigneur attendait de lui maintenant. Se réjouir avec toute la création. « Ton affaire, c’est la joie, la joie de toutes choses ensemble. » Il n’y avait rien de plus important pour l’avenir de l’Église et du monde. Cela aussi, c’était réparer la maison de Dieu ! » (dans « Le cantique de Frère Soleil. Le chant des sources » d’Eloi Leclerc, aux Éditions Franciscaines)
Oui, le Cantique des créatures est un chant de résurrection, de triomphe sur la mort, l’annonce prophétique d’une victoire déjà là, en germe, dans toute la Création et pour toute la création. Une chose m’émeut particulièrement : durant de longues semaines, François a souffert énormément de « Messire le soleil », dont les rayons lui brûlaient douloureusement les yeux et dont il devait se cacher à longueur de journée. C’est pourtant la première créature qu’il va chanter et avec quelle tendresse ! La situation de François d’Assise donne à son Cantique des créatures, une puissance de foi et de résurrection qui traverse les huit siècles qui nous séparent de son écriture.
Pour nous, au cœur du grand jubilé de l’Église, nous célébrons, en ce mois d’octobre, nos 75 ans de fondation. Notre action de grâce pour l’œuvre accomplie tout au long de ces années, nous vous la partageons d’abord à travers la sortie d’un nouveau CD qui a pour titre : « Viens que je te parle à l’oreille » qui reprend des psaumes, avec plusieurs inédits, que nous avons mis en musique. Il sera disponible à partir de la Toussaint dans notre librairie, puis très rapidement sur les plateformes musicales où nous sommes déjà. (Spotify, Deezer, Apple Music)
Par ailleurs, dans chacune de nos maisons, un évènement singulier marquera cet anniversaire :
- Aux Fontanilles, Olivier prêchera du 18 au 23 octobre une retraite sur les apparitions de Lourdes « l’Évangile du Bonheur, selon Marie et Bernadette de Lourdes. » C’est durant cette retraite qu’avec le sculpteur Alain Dumas, sera installée et inaugurée la statue de Bernadette, face à la grotte de la grande cascade. Marie et Bernadette ne seront pas dépaysées de se trouver ainsi de l’autre côté des Pyrénées ! Quant à nous, nous nous réjouissons que ce lieu des Fontanilles, qui veut dire petites sources, ait enfin ce signe qui nous lie aux origines de notre histoire. Nous pouvons en effet retrouver à l’oratoire de la Roche d’Or cette étonnante photo sur laquelle se sont « accidentellement » superposées, la photo des fondations de la crypte et celle la grotte de Lourdes avec ses malades.
- À la Roche d’Or, le 1er novembre, notre archevêque viendra célébrer, au cœur de la retraite, une messe d’action de grâce où nous serons heureux d’accueillir tous ceux qui souhaitent y participer. Dans l’après-midi du 1er novembre 1950, Monseigneur Dubourg, Archevêque de Besançon, rejoignait Florin Callerand à Gouille et le confirmait dans la grâce reçue de la Visitation de Marie, et y reconnaissait la grâce fondatrice de notre communauté. Le 1er novembre 2025, à 17 heures, l’Archevêque de Besançon, Monseigneur Bouilleret, viendra célébrer nos 75 ans de fondation et rendre grâce pour la fidélité de la Grâce de Dieu, qui a toujours été au rendez-vous de notre histoire.
Tout au long de l’année, avec Florin Callerand, nous avons visité notre maison de la Roche d’Or. Après vous avoir partagé en avril l’histoire de la Croix de la Roche d’Or et son sens, puis en août celle de la grande tapisserie de la chapelle, nous sommes heureux, aujourd’hui, de vous partager le récit et la lecture que fait Florin des vitraux de la crypte. L’artiste qui les a réalisés, Paul Décrind, peintre, franc-comtois, est aussi l’ami d’enfance de Florin, l’inséparable partenaire de ses aventures d’enfant dans son village natal de Maîche.
Comme vous le voyez, Florin ne s’est pas contenté de prêcher, de construire, de planter, il a aussi voulu marquer les lieux d’œuvres qui parlent. La croix de la Roche d’Or, la tapisserie de la chapelle, les vitraux de la crypte sont, nous le voyons, des œuvres de dialogue : dialogue de l’artiste et du voyant, dialogue de la parole et de la matière, dialogue de confiance et de respect…
Enfin, la toute petite goutte d’eau du colibri se faufile au milieu de ces grands rendez-vous et nous amène en promenade mystique… au local poubelle !!!
Merci de votre fidélité, nous restons ensemble…
Danièle Valès
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Les vitraux de la crypte : un arc-en-ciel qui retrace l’histoire du Salut.
Il faut partir de ce fait que toutes les créatures sont médiations de Dieu, d'une façon ou de l'autre... Même dans des œuvres qui n'ont pas droit d'entrée dans un musée, il y a, puisque ça vient de la part d'un homme, l'expression d'un dedans, l'expression d’une vibration profonde, là où Dieu les crée. L'artiste Paul Décrind est un homme sincère, un poète à sa façon, qui s'est trouvé, pour la première fois de sa vie devant une commande qui lui était faite et qui le déroutait. Je lui ai demandé un arc-en-ciel à l'horizontal [Lire la suite...]
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La goutte d'eau du colibri : éloge de l'ordinaire dans le local des poubelles !
L'odeur des pommes m'a accueillie alors que je franchissais le seuil de la salle d'épluchage [Lire la suite...]
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