Blog de la Roche d'Or

Blog de la Roche d'Or

Communauté de la Roche d'Or à Besançon et aux Fontanilles

Publié le par Danièle Valès

Chers amis,

Nous fêtons aujourd’hui nos 76 ans de fondation. En 1950, de nombreux évènements ont mis en route notre communauté : à l’archevêché de Besançon, les premiers dialogues entre Monseigneur Dubourg et son secrétaire Florin Callerand ; à Châteauneuf de Galaure quand celui-ci rencontre Marthe Robin et le Père Finet, où, durant l’été quand les premières assistantes sociales entendent l’appel à s’engager dans cette aventure. Certes, beaucoup de rencontres se sont succédé en peu de mois, mais notre grâce de fondation est dans l’humble chapelet du 1er novembre 1950 durant lequel Marie est venue nous visiter en la personne de Florin et déposer dans son cœur et le nôtre, la grâce de sa présence : « Marie toute proche dans la gloire de l’Assomption, en visitation permanente au cœur des consciences ». Cela ne veut-il pas dire que partout où est le Ressuscité, elle est là ? Cela ne veut-il pas dire « en tous, pour tous, avec tous et pour toujours… ! » ?

Pourtant nous vivons des temps qui interrogent, interpellent, angoissent. Certains ont comparé l’interminable canicule de cet été avec le temps du Covid tant ces jours ont été pour beaucoup des jours sans fin, d’épuisement moral et nerveux. On commence à avancer le chiffre de cent mille morts en Europe liés à cet évènement climatique. Le feu et la sécheresse ont ravagé terres et maisons, puis les inondations ont pris le relais…

Avec la fraîcheur revenue, le passage de Léon XIV a été un temps de ferveur et de grâce pour beaucoup, comme une source qui donne soif de justice et de Paix. Mais depuis des semaines, nos rues sont secouées par la détresse, la colère et la violence. « Qui sème la misère récolte la colère ». Ce slogan est aujourd’hui scandé par des milliers de manifestants et s’affiche sur banderoles et pancartes. Au cœur de cette situation, face aux mois qui viennent où les campagnes électorales vont nous submerger comme une grande marée, à l’heure où devront murir nos choix de citoyens responsables, nous voulons simplement vous offrir un texte, une voix, la voix d’un prophète : le Cardinal Mimmo Battaglia, archevêque de Naples.

En Italie, le 24 octobre, lors de la manifestation nationale contre les centres de rétention pour le rapatriement (CPR), Don Mimmo Battaglia demande au gouvernement de renoncer au projet de Castel Volturno (un village dans la province de Caserta) et de dépasser l'ensemble du système des CPR. Ce texte nous a bouleversés. Ceux dont il parle ne sont même pas dans la rue, ceux dont il parle n’ont même pas le droit à la colère, elle n’a pas la place de pousser sur leur terre de misère !

S’il est vrai que « Chacun a droit à la sécurité, à des rues où il fait bon vivre, à des services qui fonctionnent, à des écoles capables d’accompagner les jeunes, et à des institutions réellement présentes. » il est tout aussi nécessaire d’accueillir que « Le problème, ce ne sont pas les immigrés… Il est plus facile de désigner un étranger à combattre que de s’attaquer aux inégalités, Il est plus facile d’ériger une clôture que d’ouvrir une école. Il est plus facile de promettre l’expulsion de quelqu’un que de garantir qu’un jeune ne sera pas laissé seul. Mais lorsque les pauvres sont dressés les uns contre les autres, ce ne sont pas les pauvres qui gagnent. C’est l’injustice qui l’emporte. »

Soyons vigilants, la grâce reçue il y a soixante-seize ans est une source, pas un monument à honorer. En hébreu, le même mot désigne l’œil et la source. Nous courons en visitation là où se posent nos yeux, sinon comment pourrions-nous continuer d’annoncer l’Évangile ?

Toute la communauté vous souhaite de belles fêtes de la Toussaint dans une foi renouvelée en la victoire déjà là du Ressuscité et la douce proximité de « Marie toute proche dans la gloire de l’Assomption ».

Danièle Valès

 

 

Une porte fermée de l'extérieur

Lors de la manifestation nationale contre les centres de rétention pour le rapatriement (CPR),
Don Mimmo Battaglia demande au gouvernement de renoncer
au projet de Castel Volturno (un village dans la province de Caserta)
et de dépasser l'ensemble du système des CPR.

Je voudrais partir d’une image : une personne se trouve à l'intérieur, la porte se ferme et, dès cet instant, ce n'est plus elle qui décide quand elle va sortir. Elle doit attendre que quelqu'un d'autre ouvre. Dehors, la vie continue : il y a le soleil, des gens qui attendent, des choses à faire, mais elle, elle est là, privée de la possibilité de choisir le cours de sa journée. [lire la suite]